Le bar à la loupe

 

Article publié avec l’aimable autorisation du Conseil Général du Finistère

 

(Article paru dans le N° 120- janvier 2011- de la revue PENN AR BED

éditée par le Conseil Général du Finistère)

 

Hélène de PONTUAL & Claire LASPOUGEAS

 

 

Une espèce

emblématique

 

Ifremer et le Parc naturel marin d’Iroise ont lancé une campagne de marquage de bars, afin de mieux comprendre les habitudes de ce poisson et d’aboutir à une gestion durable de l’espèce.

Pour mener à bien ce projet, les poissons marqués devront être ramenés

en échange d’une récompense.

 

Les scientifiques l’appellent Dicentrarchus labrax”. On parle de “loup” sur le pourtour méditerranéen.

Les fins gourmets apprécient sa chair délicate tandis que les restaurants l’affichent bien volontiers à leurs cartes.

Le bar est un poisson recherché sur lequel on ignore encore un certain nombre de choses.

 

«C’est la première espèce marchande pour le Parc.

Elle est emblématique, d’où son importance pour nous et la nécessité de mieux la connaître», explique Claire LASPOUGEAS, chargée de mission pêche professionnelle.

 

Une capsule électronique

 

Le Parc naturel marin d’Iroise et Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, notamment en charge de l’évaluation des principaux stocks français de poissons sous gestion communautaire, ont ainsi organisé une campagne de marquage. En septembre dernier, une centaine de bars ont été capturés avec la collaboration d’un ligneur de Lanildut. Chaque spécimen a été soigneusement pesé, mesuré. Une écaille a été prélevée sur chacun d’entre eux pour en estimer l’âge.

 

Les scientifiques ont ensuite introduit dans leur cavité abdominale une capsule électronique qui peut archiver

deux années durant les températures et les pressions. « Avec de telles données, on a, dans certaines conditions,

la possibilité de reconstituer la trajectoire de chaque individu », souligne Hélène de PONTUAL, chercheuse à Ifremer. À condition toutefois de récupérer le poisson. Acteurs indispensables de cette étape, les pêcheurs ont été avertis de l’opération par des mails, courriers et affiches placées notamment dans les capitaineries.

 

Une gestion dans le temps

 

Les bars marqués arborent un repère externe de couleur rouge de quelques centimètres, accroché au niveau de

la nageoire dorsale : une fois pêchés, ils doivent être rapportés entiers aux scientifiques (voir encadré). Une

récompense de 100 euros sera alors versée au pêcheur. Mille euros supplémentaires seront attribués par tirage

au sort.

 

« En récupérant les données, on pourrait obtenir de précieux renseignements sur les habitudes de l’espèce.

Il y a des hypothèses sur les mouvements des poissons qui doivent être vérifiées », développe Hélène de Pontual.

 

Une seconde campagne de marquage est prévue début 2011 et d’autres expériences devraient suivre. Ces

travaux permettront d’engranger des informations pour une gestion durable de la pêche. Le bar est également un

indicateur du réchauffement climatique : les limites de sa distribution géographique sont en train d’évoluer. Une

meilleure connaissance de cette espèce sera donc riche d’enseignements à plus d’un titre. N

 

Que faire en cas de capture d’un poisson marqué ?

 

Ø                         Notez les informations sur la capture: numéro de la marque externe, taille du poisson, date et lieu géographique de la capture, engin ayant servi à pêcher le spécimen

 

Ø                         Conservez au frais ou congelez le poisson marqué, non éviscéré, sans enlever les marques

 

Ø                         Contactez:

 

- Ifremer, tél. 02 98 22 40 40 , merl@ifremer.fr

  ou

               - le Parc naturel marin d’Iroise, tél. 02 98 44 17 00